Brigade Anti-Négrophobie !

Les Indivisibles

12 mai 2011

Le 10 mai, lors de la cérémonie qui s’est tenue dans le jardin du Luxembourg en présence de Nicolas Sarkozy et consacrée à la commémoration de l’abolitation de l’esclavage et de la loi reconnaissant la traite négrière comme crime contre l’humanité, nos amis de la Brigade Anti-Négrophobie ont été victimes d’un abus de pouvoir et de violences par des policiers en civil de la préfecture de police. Invités à cet évènements, ils s’y sont rendus habillés de t-shirts portant le logo et le nom de leur association. Éloignés, dépossédés de leurs biens, bousculés, frappés ou étranglés… alors qu’ils n’avaient en aucune manière troublé l’ordre public, les membres de la Brigade ont manifestement été victimes de voie de fait1, dont ces policiers se sont rendus coupables.

Le déni de la propriété des humains réduits en esclavage sur leur propre corps était au fondement même des traites et de l’esclavage. Célébrer son abolition n’a pas beaucoup de sens, si c’est l’occasion pour le Pouvoir et ses auxiliaires violents de les reproduire symboliquement, en dépossédant de leurs corps les membres de la Brigade Anti-Négrophobie, en les privant de libertés fondamentales comme celle d’aller et venir, ou comme celle de porter des t-shirt au nom de leur association (et en aucun cas insultants…).

Il va de soi qu’une enquête judiciaire doit être ouverte, et des sanctions administratives prises, notamment à l’encontre du responsable policier parfaitement identifiable sur les vidéos qui circulent (et souvent croisé lors des évènements antiracistes…), puisque son comportement est évidemment incompatible avec les règles déontologiques de la profession.

http://www.dailymotion.com/video/xinu03

Les Indivisibles

  1. En droit administratif, la voie de fait est une illégalité manifeste de l’administration commise dans l’accomplissement d’une opération matérielle d’exécution. L’administration porte alors atteinte, de façon grave, au droit de propriété ou à une liberté fondamentale, soit en prenant une décision insusceptible de se rattacher à ses attributions, soit en procédant à l’exécution forcée injustifiée d’une décision, même légale. []

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